07 août 2005

Archétypes et initiation

(ce texte vise à une lecture des processus initiatiques à la lueur de certaines conceptions jungiennes)

1) La perspective constructiviste

D'aucuns, dans le monde scientifique entre autre, pensent que la rationalité est l'outil essentiel pour comprendre le monde. Afin de mieux se situer par rapport à cette croyance, il est utile de s'interroger sur ce qu'on considère comme étant rationnel. N'oublions pas que Descartes, père du "cartésianisme", forcément, estimait que l'édifice rationnel se construit à partir d'un axiome de base, qui constitue un donné fondamental, pas forcément rationnel et pas forcément observable. Il peut être purement intuitif; il peut être d'origine divine.

Cependant, souvent, on a tendance à assimiler la pensée rationnelle à la méthode positiviste de découverte du monde. Et celle-ci procède par accumulation de petites observations organisées de manière systématique et renouvelées jusqu'à ce que la preuve soit faite qu'elles sont renouvelable indéfiniment dans des conditions simimaires -ou semblables. Dès lors, on en tire une loi. Cette loi devient un élément d'une nouvelle construction "rationnelle". A mon sens, un défaut de cette approche est la nécessité de couper le réel en petits morceaux. En effet, il serait impossible de mener de telles observations en intégrant tous les facteurs de la réalité. On est obligé d'en isoler.

Alors si, au lieu de prendre la vision positiviste comme la seule approche rationnelle possible, on se tourne vers le constructivisme, on ouvre le champ des possibles. L'approche constructiviste part du principe qu'il n'y a pas une vérité absolue ou, du moins, que si elle existe, elle n'est pas à notre portée. Et, en effet, nous ne possédons, pour percevoir le monde, que cinq petits sens bien limités. Mon chien, si bête soit-il, entend et sent des trucs que moi, génial être humain, je n'entends pas et ne sens pas. Ainsi, il m'attend à la porte parfois cinq minutes avant même que je n'arrive dans la rue. Comment fait-il ? Personnellement je suis bien incapable d'en faire autant. Si une femelle en chaleur se promène dans le quartier, le voilà tout en affaire alors que moi, il m'a fallu bien longtemps pour trouver le beau mâle auquel mon coeur aspire.

Et cette mouche qui se promène au plafond, elle perçoit sans doute bien des choses dont je n'ai pas idée. Sans compter le fait que je ne vois jusqu'au "bout", malgré les outils amplificateurs, ni l'infiniment petit, ni l'infiniment grand ou éloigné. Donc comment puis-je prétendre que mes sens m'informent sur "La Vérité"... Par contre, j'ai la chance de posséder un autre outil, qui est ma conscience. Et grâce à elle, je construis "Ma Vérité". Et comme ma conscience à moi est unique, même si elle a des similitudes avec la conscience des autres humains, je ne peux que développer l'humilité qui me permet de dire que Ma Vérité n'est pas forcément La Vérité.
Donc, ma vérité, je la construis.

Mais si nous nous mettons à plusieurs à construire, nous obtenons "Notre Vérité". Un bagage qui nous est globalement commun et déjà plus large que "Ma Vérité". Même si au sein de ce bagage commun, chacun se la met au pied (la vérité), se l'approprie de manière personnelle.
Toute cette entrée en matière, pour dire que l'approche jungienne peut être aussi scientifique que n'importe quelle autre approche, si l'on accepte le chemin constructiviste comme étant scientifique.

Je précise cela parce que Jung a souvent été décrié parce qu'il remettait en question les institutions religieuses et les dogmes en tant que tels. Beaucoup de scientifiques, quant à eux, estiment qu'il parle de ce qui ne se "voit" pas et ne se mesure pas (comme le dit le narrateur dans "Le petit Prince", les adultes ont toujours besoin de chiffres popur que les choses leur paraissent sérieuses). Longtemps, les Freudiens ont rejeté Jung parce qu'il s'est trouvé être un dissident de Freud, notamment parce qu'il voyait bien au-delà du "tout sexuel" de Freud.
Cela fait beaucoup pour un seul homme (mais un grand, il est vrai). Et aussi beaucoup de force d'inertie face à ceux qui entrent dans cette manière de comprendre l'être humain. Mais l'Humain dans sa dimension non (entièrement) perceptible avec nos cinq sens, l'humain intérieur, subtil et hermétique.

2) Inconscient collectif et archétypes

2.1. Leur essence

Dans les différentes cultures humaines, à travers le temps et l'espace, tout un bagage commun imaginaire, mythique, poétique se retrouve, bien que présenté sous des formes différentes.
Je prends, bien sûr, le mot "culture" dans son acception large et ne résiste pas au plaisir de citer la définition qu'en donnait mon père: "C'est l'outillage, à l'aide duquel un groupe humain perçoit le monde, comprend le monde, agit sur le monde; c'est ça façon d'être au monde."

Jung constate que lorsque les Humains laissent parler leur intériorité, ils contactent ce bagage commun. Cela se produit, par exemple, à travers les rêves. Pour lui, donc, les rêves ne se contentent pas de manifester le vécu strictement individuel du rêveur mais intègrent et expriment des éléments (personnages, évènements...) qui appartiennent à ce bagage imaginaire commun à l'Humanité. Et, attention ! Le mot "imaginaire" n'implique pas que cela ne soit pas vrai ! L'imaginaire est peut-être un instrument très perfectionné pour percevoir la part de réel qui est inaccessible à nos sens !

Il constate encore que, sans la référence interne à ce bagage, l'être est, psychiquement, malade, désequilibré, à côté de ses bottes. A force de fouiller, à la fois dans de multiples cultures et dans l'âme de ses patients (ainsi que dans la sienne propre), il parvient à établir des lois de fonctionnement de ce bagage commun ainsi que de la manière dont les individus et les sociétés s'y "accrochent" ou s'y "branchent".

Il appelle "inconscient collectif" ce bagage commun et "archétype", chacun des éléments qui le constituent. Il compare les archétypes à des organes. Et considère donc que nous avons besoin d'avoir nos archétypes bien en place, et d'y laisser couler librement l'énergie psychique, pour être en bonne santé mentale, psychologique.

2.2. Leur mise en évidence

Comment les archétypes sont-ils mis en évidence chez un individu ? Parce que, dès sa plus tendre enfance, on nourrit l'enfant des contes, légendes, mythes fondateurs et autres, propres à la culture dans laquelle il grandit. On lui nourrit l'âme en lui racontant des histoires, en les lui chantant, jouant, dansant... En les lui représentant de diverses manières. De plus, lorsqu'on analyse avec lui le pourquoi des choses, le comment agir sur le cours de la vie, on peut utiliser les outils archétypaux pour le faire et lui donner ainsi une meilleure emprise sur sa vie, parce qu'il travaillera au niveau des profondeurs de son être.

Les archétypes sont universels et incontournables : ils sont des constituants fondamentaux de la psyché humaine, mais ils peuvent être représentés sous des formes plus ou moins riches, plus ou moins complètes. Et si on ne nourrit l'enfant que d'une version appauvrie, voire enlaidie, de ces archétypes, on ne l'aide à se construire que des organes fragiles et laids.

De la même manière qu'un enfant physiquement nourri de chips et de coca risque de ne pas se construire un organisme solide. Par ailleurs, si ces représentations archétypales sont très précises, elles ne laissent plus de place à l'imaginaire de l'enfant, elles s'implantent chez tous d'une manière et sous une forme similaire. On ne permet pas, ainsi, à chacun, de développer sa propre version, sa version individuée, des archétypes. On ne permet pas au jeune être de se tailler sa propre pierre: on la lui rabote de l'intérieur ! Et ainsi, on favorise l'émergence de générations de personnes qui ne peuvent se structurer que par rapport à des repères pauvres et sans nuances; qui ont du mal à goûter le nectar de la vie dans son essence et qui, pour se donner des succédanés de défis, mystères et autres frissons, sont obligés de recourir à des outils extérieurs tels que drogues, actes délictueux, etc... Comment pourraient-ils s'intéresser à la beauté pure, à la force intérieure et subtile, ou à une quête de la sagesse qui ne leur paraît que mièvrerie ?

Ceci explique pourquoi je suis très méfiante par rapport à l'usage de la TV chez les enfants....
Mais quel merveilleux instrument que cet outil de rabotage, pour l'installation en profondeur de la pensée unique !

2.3. Leurs rôles

En aidant un enfant à rencontrer son bagage archétypal, on lui permet de se raccrocher au courant de l'humanité, de développer le sentiment de sa puissance d'action... Autrement dit, on lui apprend qu'il est quelqu'un qui compte au sein d'une collectivité humaine dont il n'est pas indépendant.

On lui procure aussi tout un outillage de "construction-réparation" de son être intérieur: il a une maman, une mère. Elle lui a donné la vie, au moins sur le plan biologique. Mais elle n'est pas parfaite: elle a aussi été source de souffrance, quoiqu'elle fasse (elle l'a trop frustré et il en a souffert; ou bien elle ne l'a pas assez frustré et, plus tard, il ne supporte pas son autonomie croissante, etc...). Et bien, il peut réparer -ou partiellement réparer- ses blessures, s'il a intégré qu'il y a aussi une "grande mère", une Déesse-mère, qui l'aime de manière inconditionnelle, qui lui donne la vie, qui le nourrit, le soigne, le cajole, etc.... Celle-ce peut prendre des formes différentes selon les cultures: qu'elle soit une déesse; qu'elle soit la vierge Marie; qu'elle soit la planète Terre qui, tous, nous porte et nous nourrit; qu'elle soit la "Shekina", la force sacrée de vie, de sagesse, ou qu'elle prenne encore une toute autre forme...

Mais l'important c'est que l'enfant soit conscient qu'au-delà de sa mère de chair, avec ses imperfections, il y en a une autre, plus absolue, qui incarne la perfection. Il pourra se construire avec cette image intérieure, il pourra développer en lui, grâce à ce modèle, une mère "meilleure", qui prend soin de lui mieux que sa mère biologique n'a pu le faire; mais aussi qui, le jour venu, pourra nourrir, porter et aimer comme une mère ses propres enfants, même s'il est un père, d'ailleurs et même si ses enfants sont symboliques (autres personnes, oeuvres, etc...).
D'après Jung, une société qui ne reconnaît pas -sous quelque forme que ce soit- la Grande-Mère, est une société malade.

En effet, si une bonne partie de la population (dont ses dirigeants) n'a pas intégré l'image de la bonne mère, elle peut ne pas être capable d'éprouverdes sentiments de compassion pour les autres êtres humains, ou vivants en général et, donc, elle développera plus facilement de la violence et un non-respect de la vie et de l'intégrité des êtres.

Le même processus s'applique, bien entendu, aux autres personnages-clefs qui entourent l'enfant (père, frère, soeur, etc...) ou à des évènements majeurs de la vie: d'où il vient (mythes fondateurs), la peur (les enfers, les lieux ensorcelés, les êtres effrayants), la joie (les cadeaux magiques ou divins), etc... Il en est de même de tout ce qui constitue son univers, ce qu'il connaît: les éléments de la nature (esprits des éléments), les personnages (les sorcières, ogres et autres diables, ainsi que les Blanche-Neige, bonnes fées et ggentils petits nains).

2.4. Apprentissages et archétypes

Outre le "simple" envrironnement sensible, les objets de connaissance intellectuelle: les nombres, par exemple, au-delà de leur utilisation purement pratique, ont toujours nourri l'imaginaire et l'Esprit des plus éveillés des hommes. Ils sont lourds de multiples sens. Les lettres, également, qui avant de servir d'outils de communication entre êtres humains, constituaient des supports à certaines pratiques rituelles, magiques ou de divinations (c'est-à-dire une autre forme de communications, à la fois interne et externe). On le sait bien pour les runes des Nordiques ou l'usage fait des lettres hébraïques dans la Kabbale. C'est moins connu pour certains alphabets des peuples "sans écriture" d'Afrique, notamment.

Alors, bien sûr, si on peut, en enseignant les mathématiques, laisser parler les nombres et leurs combinaisons, à l'âme des enfants; si on peut, en enseignant la lecture et l'écriture, laisser parler à l'âme des enfants l'énergie portée par les lettres et leurs combinaisons, plutôt que de ne placer son attention que sur le développememnt d'une utilisation rationnelle et efficace -productive- des ces connaissances, on va peut-être, là aussi, laisser parler les archétypes de manière constructive et engendrer un sens profond aux apprentissages. En effet, la pédagogie actuelle prône le sens, elle ne fait que cela ! Mais elle ne voit le sens (presque) que dans l'utilisation rationnelle, pragmatique, fonctionnelle ou dans le plaisir facile, le plaisir de distraction. On s'exerce en s'amusant. C'est très bien, bien sûr. Mais, généralement, on vise un amusement que je nommerais "léger", "de consommation", en oubliant le plaisir, voire la joie d'apprendre qui se développe d'autant mieux qu'on va toucher les besoins psychiques les plus fondamentaux de l'être. Il s'agit-là d'un autre sens. Un sens qui ne se limite pas à l'aspect fonctionnel ou/et à la distraction mais quimonte des profondeurs du psychisme humain. J'en veux d'ailleurs, non pas pour preuve (ce serait exagéré) mais pour indice le nombre de personnes -adultes comme enfants- qui disent qu'ils aimeraient fréquenter l'école d'Harry Potter.

2.5. Ce qui est dedans est comme ce qui est dehors

Je reprends la parenthèse apparue plus haut: "... une autre forme de communication, à la fois interne et externe". En effet, notre habitude d'une approche positiviste des phénomènes nous donne l'impression q'uil faut distinguer l'exogène de l'endogène -ou- ce qui est vraiment vria (vrai pour de vrai) de ce qui habite notre imaginaire. Mais Jung -sans exclusive- nous propose un autre paradigme, dans lequel ce qui est dedans est comme ce qui est dehors.

Et d'ailleurs, si on regarde les archétypes qui constituent certaines formes, on se rend compte qu'elles sont puissantes en nous mais qu'elles existent aussi dans la nature.
Je peux prendre l'exemple de la spirale, qui évoque l'évolution de l'être. Mais on sait maintenant qu'elle est très représentée dans la nature -en nous comme hors de nous- dans la forme de l'ADN, notamment.

Un autre symbole universel est le pentagramme. Prenez une pomme et coupez-la en deux transversalement: vous obtenez un pentagramme bien visible. Il faudra enlever les pétales des la rose ou de certaines autres fleurs pour l'y découvrir également.... Or la pomme n'est-elle pas un symbole riche de sens dans notre culture (le pommier du Druide et le gui qui, rarement, y pousse ainsi que, bien sûr, la pomme de la connaissance) ? Et la rose ne porte-t-elle pas toutes les promesses, à la fois de l'amour terrestre, humain, et de la plus haute évolution spirituelle ?

Je ne peux résister au plaisir de parler ici d'une recherche qui m'a été présentée, montrant que si l'on construit le modèle actuellement utilisé par les chimistes, du double atome de carbone (et les chaînes de carbone constituent une base de la vie), et qu'on met en évidence, dans ce modèle, les électrons libres, on voit se dessiner quelques symboles qui remontent à la nuit des temps. Par exemple, lorsqu'on regarde tourner ce modèle, comme on suppose que tourne effectivement ce double atome, on voit apparaître, sous certaines positions, la croix à branches égales (croix druidiques et templière, notamment); sous d'autres positions, le signe de l'infini; sous d'autres positions encore, la svastika, présente sur tout autel ou lieu de culte hindouiste; et sous un autre angle de vue, on voit apparaître le "Om", tel qu'il s'écrit en sanskrit. On peut encore voir, toujours dans ce même modèle, l'alpha et l'oméga (ce qui nous ramène à la charge archétypale des lettres, abordée plus haut).

On pourrait envisager un listing plus complet de ces symboles présent dans la nature -dont nous sommes ! Nous ne sommes pas isolés: ces formes qui construisent la nature, elles sont aussi en nous ! Le carbone, l'ADN, nous habitent -ou plutôt, nous constituent.

Alors pourquoi serait-il irrationnel que notre inconscient les reconnaisse et vibre lorsqu'il en perçoit la représentation ? Puisque des supports physiques d'archétypes sont partout....

3. L 'initiation

Je devrais plutôt dire "les initiations" puisque il en existe de plusieurs types. Quelques caractéristiques cependant vont être communes à chacun de ces types :
  • la personne va vivre un psychodrame qui va faire appel à des archétypes. Ceux-ci seront mis en scène de manière à provoquer un état émitonnel propice à une mobilisation de l'énergie psychique liée à ces archétypes. Et en même temps, comme il s'agit déléments archétypaux avec lesquels le candidat n'a pas l'habitude de dialoguer dans le quotidien, ils vont entraîner une déstabilisation psychologique qui sera propice à l'émergence d'états internes particuliers ainsi qu'à la réceptivité à ce qui est neuf;
  • la personne se sentira alors dans un état particulier et inconnu, ce qui entraînera chez elle une double conséquence (au minimum) :
    - cela lui montrera qu'il se passe bien quelque chose de spécial;
    - l'impact favorisera une inscription à long terme de cet évènement (et surtout des émotions, sentiments et réflexions qu'il a sucités) dans la mémoire consciente et inconsciente. Cette inscription créera un point d'ancrage qui pourra se traduire par un attachement particulier (ou un rejet particulier si la personne n'est pas prête). Ce point d'ancrage servira de repère psychologique contribuant à la fois à solidifier le psychisme de la personne et à faire travailler l'esprit, par la réflexion et par les mouvement de l'imaginaire.

3.1. Les rites de passage

Ce sont des initiations par lesquelles, au sein d'une société donnée, tout le monde passe lors de certaines étapes de la vie. Un peu comme des examens scolaires (à moins que ce ne soit l'inverse), les rites de passage vont permettre à la personne, aux différentes étapes de sa vie, de tester et d'ancrer la maîtrise de ces archétypes.

  • Les tester parce qu'elle aura à subir des épreuves au cours desquelles elle devra mobiliser tout ce qu'elle connaît, et pas seulement rationnellement, loin s'en faut. Parce que,par exemple, des enfants africains qui doivent passer trois jours et trois nuits dans le bois sacré, sont confrontés à des problèmes existentiels liés à la vie et à la mort. Ils doivent boire et manger, bien sûr; mais ils doivent aussi réussir à ne pas être attaqués par les esprits des ancêtres qui ont pris la forme d'animaux dangereux (serpents, lions, etc...). Et les adultes, les référents et protecteurs habituels, ne sont pas là.
    Il leur faudra donc faire appel à leurs outils intérieurs pour combattre la peur, développer la solidarité et adopter, dans la nature, une attitude qui permette la survie.
  • Les ancrer parce qu'ils doivent fouiller à l'intérieur d'eux-mêmes pour trouver le matériel nécesaire à ce qu'ils vivent et ne connaissent pas d'avance. Ils font ainsi paraître le niveaude conscience qui est maintenant le leur.

Et, bien sûr, les jeunes initiés sont ensuite accueillis en recevant un statut qui leur attribue une place honorable dans la société. Et ce nouveau statut leur donne accès à certaines connaissances, tâches et droits auxquels ils n'avaient pas accès auparavant puisqu'ils n'avaient pas fait preuve de leur niveau de maîtrise.

Ce système d'éducation balisé au sein d'un système initiatique va à l'encontre de la pédagogie actuelle qui donne tous les savoirs à n'importe qui , le critère de sélection n'étant basé que sur la capacité à intégrer ces savoirs et pas du tout sur le niveau de conscience. Or tout savoir donne du pouvoir et le pouvoir revient donc aux plus habiles et pas forcément aux plus honnêtes. Ainsi, nos cours de physique, intelligemment étudiés et appliqués, peuvent nous permettre de fabriquer des bombes. Et ce savoir est transmis à n'importe qui qui est fort en physique !

Personnellement je pense qu'il faudrait faire preuve de certaines vertus morales, d'une certaine éthique, signes d'un niveau de conscience élevé, pour pouvoir avoir le privilège de recevoir ces connaissances. J'ai choisi ici un exemple facile, mais je pense que le principe s'applique à tout savoir.

Il reste, dans nos sociétés, quelques résidus de rites de passage tels les baptêmes, communions, mariages, funérailles; mais, dans l'ensemble, seule la forme extérieure en est restée. Le sens profond, souvent, s'est envolé et l'impact n'est pas ce que j'ai décrit plus haut...

3.2. Les initiations ésotériques

Celles-ci ne s'adressent pas à tout le monde mais uniquement à ceux qui se sentent appelés.
Et encore, parmi eux, tous ne sont pas élus. Donc, dans ce cas, il s'agit de permettre à quelques personnes, considérées comme particulièrement aptes ou prêtes ou douées ou autre chose, d'entrer dans un cheminement initiatique qui peut être collectif ou individuel.

Le processus initiatique présenté plus haut aura ouvert certaines portes et aura préparé le terrain pour un cheminement qui, lui-même, se présente sous forme de psychodrame.
L'initié reçoit un enseignement qui oeuvre, explicitement (même si présenté en d'autres mots) sur les archétypes: on proose généralement des méthodes qui permettent d'accepter à une connaissance qui est cachée au commun des mortels.

Pourquoi est-elle cachée au commun des mortels ? Parce que, justement, elle implique une approche consciente d'archétypes dont on n'a pas l'habitude d'user (si je puis dire) et que sont si profondément enfouis dans l'inconscient qui nous n'en avons pas ou très peu conscience (forcément).

Souvent, le nouvel initié peut avoir l'impression que rien de tout cela n'est tout à fait neuf, parce que tout était déjà là, en lui. Mais ce qui est tout neuf, c'est la prise de conscience de ce "en lui ou, plutôt, en soi". C'est la prise de conscience, également, du fait que l'intérieur de nous et l'extérieur, sont semblables. Et c'est ainsi que, petit-à-petit, les initiés cheminent vers une meilleure maîtrise de leurs profondeurs et vers une plus grande harmonie avec l'univers que la vision intérieure nous permet de découvrir.

Mais ce quelque chose en lui qui chemine, qui vibre, qui cherche..... c'est le Soi. La partie de l'être qui transcende le "Moi". Qui, loin de se contenter de s'adapter à la réalité extérieure immédiate, va au-delà, rencontre l'essence-même de la vie, l'essence-même de l'Etre, ce qui certains appellent le "Divin".

Ce "Soi" est souvent étouffé dans le mode de vie habituel. Il faut en déclencher l'éveil, c'est-à-dire la progressive prise de conscience. Lorsque ce "Soi" gagne l'entièreté de l'individu, il lui procure un sens absolu de chaque élément de sa vie. Il lui procure un sens absolu de chaque élément de sa vie. Il lui procure, au-delà de la simple communication entre "Moi-s", la communion avec tout ce qui est -dont lui-même. Il lui donne une plus grande confiance en la vie, à travers les épreuves qui font peut-être partie de son chemin initiatique personnel, intérieur, indépendamment du groupe ou de la personne qui initie.
Les personnes elles-mêmes relativement conscientes de leur propre Soi, reconnaissent l'autre, leur frère ou leur soeur, à un rayonnement particulier.
Mais il s'agit-là d'une fraternité par-delà les formes extérieures. Sur ce plan-là, ce n'est pas parce que deux personnes suivent le même enseignement initiatique qu'elles sont frères et soeurs, c'est parce que leurs "Soi" sont éveillés.
Et ce rayonnement va agir, même sur les personnes qui ne le perçoivent pas. Il va contribuer à les intier à son tour. Le vrai initié est donc quelqu'un dont l'être agit, sans qu'il aie besoin de faire quoique ce soit.

3.3. Initiation intérieure

Il s'agit donc là de la réelle initiation. Les initiations conférées par un ordre initiatique ou une personne ne sont que des éléments qui peuvent favoriser le déclenchenchement d'un processus initiatique intérieur.
Le processus intérieur se déroule essentiellement à la jonction conscient-inconscient. Il se manifeste notamment à travers les rêves qui constituent un fil d'Ariane privilégié dans cette quête d'un élargissement du champ de conscience et d'une meilleure "coordination" entre conscient et inconscient

(la suite vient bientôt...)

Auteur : Marianne Gassel (textes protégés par la SCAM, société de gens de lettres, n° d'enregistrement 00 929 )

Explication du shéma


Ce petit schéma a pour but de faciliter la vision des liens logiques entre les concepts de symbole, archétype, valeur, éthique et histoire mythique ou métaphorique, ainsi que leur rôles dans la compréhension de nos profondeurs intérieures (voir les définitions ci-dessous).

Les retentissements intérieurs des symboles agissent comme des clefs qui ouvrent le passage vers les archétypes, c’est-à-dire vers les profondeurs de l’inconscient, nos profondeurs intérieures.
Sur le schéma, elles sont symbolisées par deux signes de l’infini entremêlés qui répondent au même symbole agrandi. On tente ainsi de mettre en évidence le jeu de miroir entre les profondeurs infinies du macrocosme et celles de notre microcosme intérieur.
Et de ces profondeurs infinies, on ne sait pas grand-chose. On ne peut que se contenter d’en percevoir certains effets et de supputer…

Je trouve que la vison jungienne permet d’entre-imaginer quelque chose de ces profondeurs intérieures. Notamment le fait qu’y vivraient des archétypes… dont on ne sait pas grand-chose si ce n’est qu’ils se manifestent au travers de mythes, d’histoires, de jeux, de représentations, de rêves, etc… qui font les cultures humaines. C’est aussi tout ce matériel qui permet en même temps à l’individu d’être part de l’Humanité, de par les jeux de va-et-vient permanents entre ce monde archétypal et le monde extérieur.

Dans ma vision, parmi les messagers de ces deux mondes, on trouve les valeurs. Si j’avais su dessiner, j’aurais, dans mon schéma, assorti le mot « valeur » de représentations de notre cher Hermès, célèbre pour ses voyages entre les mondes…. Ne sachant pas dessiner, je ne peux que vous inviter à le rêver.

Il y a un lien entre les notions de « valeurs » et d’ « éthique ».
Et je n’engage que moi en métaphorisant ce lien par une image : l’éthique serait la colonne vertébrale du psychisme de l’individu et les valeurs en seraient les vertèbres. Quant à l’ordre des vertèbres, il est partiellement culturel et éducationnel et partiellement individuel.

Ainsi, je vais inviter chacun d’entre vous à prendre quelques minutes de réflexion pour se demander quelles sont les 2 principales valeurs à ses yeux, et dans quel ordre. Pour vous y aider, vous pouvez penser à un ami et vous poser la question : « quels changements –de comportement, d’attitudes….-, chez cet ami, pourrait me pousser à me détacher de lui ? »
Ensuite, on peut vérifier si on retrouve quelque chose de commun chez ceux qu’on a élu comme amis.

Ainsi donc, les valeurs en elles-mêmes sont universelles et me paraissent constituer une manifestation des archétypes.

L’éthique et les valeurs qui entrent dans sa constitution, constituent par définition un volet de la vie humaine qui ne peut que dépasser une approche purement individuelle pour atteindre une dimension collective.

Je reprends à mon compte les paroles d’Albert Jacquard qui dit: « j’existe lorsque l’autre me dit bonjour ». C’est aussi lui qui dit « Ma liberté s’arrête là où commence celle de l’autre ». Ces paroles mettent en évidence une ligne éthique qui implique l’attention à l’autre, la coopération et la relation en tant que porteuses d’un plus de sens de la vie. Et cet autre, à travers lequel je suis, fait partie de moi comme je fais partie de lui.

C’est pourquoi j’ai placé l’éthique à la sortie de la branche de la spirale qui va vers l’extérieur. Je la considère comme une interface entre le monde intérieur et le monde extérieur.

J’ai mis l’histoire mythique ou métaphorique à l’entrée de la spirale parce qu’elle peut aussi constituer une interface puisqu’on peut, par ce chemin, plonger dans les profondeurs intérieures.

Ainsi, pour quelqu’un qui écoute des histoires riches en figures archétypales significatives, le fait d’être attiré par certains personnages -voire de s’y identifier- et d’être rebuté par d’autres personnages, va l’aider à se choisir des valeurs. Il va vouloir être comme Blanche-Neige, plutôt que comme la marâtre-sorcière, par exemple. En opérant ces choix, il intègre les valeurs sous-tendues.

Evidemment, l’être humain est plus complexe qu’un ordinateur dans lequel il suffirait d’introduire une information (l’histoire) pour mettre en route un programme préexistant qui engendrerait une éthique… Pour que l’éthique soit bien installée, juste et solide, il faut bien plus que ça…

Définitions :

1. Les archétypes

Les archétypes sont, selon Jung auquel je me réfère, les organes du psychisme. Précisons que les archétypes, dans leur essence, sont insaisissables et indéfinissables. Nous n’avons accès qu’aux représentations que nous pouvons nous en faire.

Ces représentations archétypales, nous n’y échappons jamais. Même si nous ne sacrifions généralement plus à Demeter ou à Vénus par exemple, on se pâme devant Marylin Monroe, Brigitte Bardot ou Jennifer Lopez, selon les générations.
Ces femmes ne renverraient-elles pas, en fait, au même archétype du féminin éternel que celui auquel renvoie Vénus. Mais en une version plus pauvre parce que très précise et limitée ; ne laissant que peu de place aux rêves –ou, pour être plus juste, ne laissant place qu’à des rêves assez pauvres. Plus pauvres, notamment parce que de ces femmes-là, on peut connaître –ou croire connaître- la vie dans tous ses détails, alors que d’une Déesse on ne connaît que la partie la plus émergée de l’iceberg. Son essence reste un mystère. Mais puisque nous n’avons plus de Déesses, nous sommes bien obligés de nous raccrocher à d’autres représentations des archétypes. Obligés psychiquement, pour asseoir notre vie intérieure.

Il est indispensable à notre équilibre psychique comme à la culture qui fait de nous des êtres humains à part entière de nous construire et nous situer par rapport à des représentations archétypales.
Et en disant « être humain à part entière », je veux parler d’un être toujours en cheminement vers une élévation de conscience. Alors, si ces autres représentations ne sont que des humains banaux, c’est au grand dam de notre richesse culturelle et intérieure.

Mais comment pourrions-nous différencier une représentation archétypale riche d’une représentation archétypale pauvre ?

Un « outil » de détection pourrait être de se poser la question « que symbolise Vénus ? – Que symbolise Jennifer Lopez ? » Plus la réponse peut être multiple et complexe, plus la représentation est riche. Ce qui nous amène aux symboles…

2. Les symboles

Je vois le symbole comme une clef qui ouvre la porte vers ce qu’on ne connaît pas clairement mais qu’on est appelé à reconnaître. Dans cette acception du mot, le symbole, loin d’impliquer une sorte de correspondance terme à terme entre deux éléments, ouvre la porte au champ des possibles de ce qui fait l’âme humaine.

Or, pour moi, l’âme humaine ouvre sur l’infini. L’infiniment profond, pour être plus précise. Et cet infiniment profond se compose, notamment, d’archétypes. Donc, à mon sens, les symboles seraient des clefs d’accès vers l’univers archétypal qui règne dans l’infini de nos profondeurs intérieures.

Dans cette perspective, l’usage du symbolisme pourrait se manifester par une « autorisation » pour l’imaginaire à voyager dans le monde intérieur. Ainsi devient-il possible d’établir des associations multiples entre la clef qu’est le symbole et les éléments du monde intérieur que sont les archétypes.

Ces associations ne sont pas statiques : elles évoluent au fil du temps et des situations que traverse la personne. Elles constituent un bagage propre à l’aider à profiter de chaque situation de vie, aussi difficile soit-elle, pour évoluer et poursuivre sa croissance intérieure.
Le cheminement au sein du monde symbolique constitue donc une voie royale vers le monde archétypal.

Dans le cas d’histoires métaphoriques, je dirais que les représentations archétypales sont mises en scènes par l’histoire. Elles se symbolisent, en ce sens qu’elles évoquent pour nous quelque chose qui peut se traduire par un symbole.

Nous autres, humains en recherche, ne partons pas toujours d’histoires mythiques ou métaphoriques –explicitement en tout cas- pour travailler avec les symboles. Nous faisons souvent l’inverse : nous rencontrons des symboles (objets, paroles, gestes…) et ils peuvent induire des représentations archétypales. Ainsi par exemple, lorsqu’on manie des symboles religieux, tels le Christ en croix, par exemple, on peut s’imaginer soi-même sur la croix ; on peut imaginer comment Il a souffert, ou comment Il a transcendé, etc…. Nous créons donc, à partir du symbole, notre représentation archétypale de l’homme-Christ. Dans d’autres religions, on trouvera des symboles plus abstraits, tels, par exemple, le triksel des Bretons… qui montre trois spirales réunies en leurs extrémités externes. Avec les découvertes scientifiques actuelles, on peut se dire que la spirale (celle de l’ADN, par exemple) est inscrite en tout ce qui vit. Celui qui connaît un peu les philosophies orientales pourra penser à le Kundalini, parcelle d’énergie divine, spiralée, résidant dans notre sacrum. Mais, même sans ce type de connaissance, on peut se laisser bercer par le symbole, laisser venir à notre conscience ce qu’il évoque. Cette création nous invite à laisser retentir les symboles en nous d’une nouvelle manière. Et peut-être qu’à partir de là, nous allons modifier notre Christ intérieur et que celui-ci, à son tour, va éclairer les symboles sous un autre angle, etc…

Autre exemple, beaucoup d’histoires métaphoriques font référence à des symboles animaux… quel sens leur donner ? Comme pour tout symbole, on peut avancer quelques hypothèses d’explication sans jamais pouvoir affirmer : « voilà LE sens », ni même : « voilà LES sens de ce symbole ».

Une hypothèse que j’avancerais est que nous avons tous, plus ou moins enfouis en nous, un animal –voire même des animaux. Nos instincts, notamment. Et ces instincts, on peut s’y livrer corps et âme, au point, parfois, de perdre peu ou beaucoup de son humanité ; on peut aussi les nier « MOI, je suis bien au-dessus de tout ça : je suis un Homme, moi ». Et peut-être est-ce encore pire parce que ce que l’on nie en soi agit de manière beaucoup plus subtile –donc beaucoup plus puissante- que ce que l’on reconnaît. Il me paraît donc préférable d’accueillir cet aspect animal, de dialoguer avec lui, de l’apprivoiser, afin qu’il puisse nous apporter toute sa force sans nous dominer. Si je change de grille de lecture, je dirais qu’il est élevé au rang de totem, en quelque sorte. Il devient l’esprit-animal avec qui l’être humain établit un contrat. Et cet esprit-animal, ce totem, correspond à une représentation archétypale.

3. Les valeurs

A travers le temps et l’espace, on retrouve la présence de valeurs similaires dans les sociétés humaines. Elles semblent en sous-tendre les échafaudages que sont les structures politiques, juridiques, etc… Et ce, même à travers les différentes structures sociales. De la même manière, elles semblent sous-tendre la construction psychique et les mobiles des actions de l’ensemble des individus humains. La hiérarchie de ces valeurs n’est pas partout la même et leurs définitions respectives diffèrent d’un individu à l’autre.

Ainsi par exemple, si je prends la notion de justice, elle se retrouve dans toutes les sociétés ainsi que chez tous les individus (ou presque : je n’oserais pas affirmer qu’il n’y a aucune exception).

Mais si je demande à 10 personnes ce qu’est la justice, je vais obtenir dix réponses différentes :
  • une personne estimera qu’il y a justice si chaque individu jouit des mêmes droits et des mêmes devoirs et que seule une société anarchiste peut répondre à cette réalité.
  • Une autre estimera que la seule manière de faire régner la justice est de respecter la loi divine en suivant scrupuleusement toutes les règles de la religion concernée.
  • Une troisième personne pourra estimer que pour faire régner la justice, il faut prendre aux riches une part de leurs biens et la redistribuer aux pauvres...

A en croire Pierre Jakez Hélias, dans l’ancienne Bretagne, le voleur était un personnage très respecté qui avait pour mission de voler chez les riches –sans se faire attraper- et de repartager le butin avec les pauvres (il ne pouvait en aucun cas s’attribuer seul les fruits de ses actes !). Il instituait la sécurité sociale de ce système-là. Parmi les bienfaits que son action engendrait, il y avait le fait d’aider les riches à être en paix avec leur conscience.

On trouve des traces de cette institution dans certaines histoires telles que « Robin des Bois » et « Tijl Uylenspiegel », de Charles De Coster, pour citer au moins une œuvre de chez nous.
Ces personnages de « nobles voleurs », dirais-je correspondent également à un archétype. Hermès (encore lui) est, notamment, le dieu des voleurs. Tout en étant le messager des dieux dont il apporte aux hommes les paroles. Sa fonction est donc noble plutôt que vile.

Par contre, dans une société qui n’institue pas de cette manière le métier de voleur, certains individus se basent sur la même valeur et font leur le même processus -le vol- pour tenter d’équilibrer la balance sociale. Mais ils ne jouissent pas de la même reconnaissance sociale et risquent d’être pénalisés pour leurs actions. Il est vrai aussi que tous les voleurs ne pratiquent pas de cette manière la solidarité (autre valeur aux définitions multiples) et, soit ne partagent pas leur butin, soit le partagent mais uniquement avec les membres de leur clan (famille ou bande, par exemple).

  • D’autres encore estiment que la justice implique le respect d’une hiérarchie sociale établie, comme c’est le cas, notamment, dans les sociétés féodales. Par exemple, à faute égale, le châtiment ne sera pas égal selon la classe –ou caste- sociale dont est issu le délinquant.

On pourrait, bien sûr, trouver encore bien des exemples différents pour cette même valeur et il en est de même pour toutes les autres.

Auteur : Marianne Gassel (textes protégés par la SCAM, société de gens de lettres, n° d'enregistrement 00 929 )

06 août 2005

Mieux apprendre, et plus facilement, un rêve impossible ?


1. Un potentiel inconnu

On sait depuis longtemps que le cerveau humain peut beaucoup plus que ce que l’on croit et, bien sûr, nous ne savons pas ce que serait un cerveau humain fonctionnant à plein rendement.
Ce qu’on sait moins, c’est comment on peut un tant soit peu gagner du terrain sur ce potentiel inexploité.

Sur un plan très pragmatique, on peut se demander s’il nous serait possible d’apprendre plus facilement plus de choses faisant déjà partie du bagage de connaissances de l’humanité.

Or, de plus en plus de découvertes menées en psychopédagogie, en neuro-psychologie et en psychologie cognitive nous tendent quelques pistes. Si celles-ci restent le plus souvent fort théoriques, des praticiens de l’apprentissage ont pu élaborer certains savoir-faire, encore trop peu connus, hélas ! Et peu mis à la portée de tout un chacun, comme cela pourrait ce faire dans le cadre scolaire, par exemple.


2. Difficultés d’apprentissage et méthode Athanor

Personnellement, je me suis fortement intéressée aux enfants en difficulté d’apprentissage.
Et, petit-à-petit, à travers l’expérience et une perpétuelle quête de nouveautés en la matière, s’est élaborée ma propre sauce méthodologique que j’ai baptisée du nom symbolique de «Athanor» (l’athanor est le creuset dans lequel l’alchimiste travaille afin de transformer, notamment, le plomb en or…et oui, ma méthode ne vise rien moins qu’à transformer notre plomb humain en or ! peu modeste, n’est-ce pas ?). Son originalité tient uniquement au fait qu’elle puise dans plusieurs des savoir-faire introduits plus haut.
Le processus, simple et logique, a déjà permis à un certain nombre d’enfants en difficulté d’apprentissage de dépasser une bonne part de ces difficultés.
Mieux encore : quelques instituteurs que j’ai contribué à former, ont pu faciliter les apprentissages de l’ensemble de leurs élèves, avant même que d’aucun puissent manifester des difficultés, ce qui constitue une fameuse économie de souffrances, d’énergie, et d’argent.
Et bien entendu, il n’est jamais trop tard et les adultes aussi peuvent bénéficier de ce type d’approche. Et ce, soit pour augmenter leurs propres capacités d’apprentissage, soit pour se préparer à faire profiter d’autres personnes de la méthode.


3. Ingrédients

Il ne s’agit donc pas d’une « invention » à proprement parler mais plutôt d’un puzzle d’éléments interactifs qui déclenchent une dynamique d’évolution.
Les ingrédients dont est composée cette « sauce » sont puisés parmi des méthodes, pour la plupart « à cheval » sur le psychologique et le pédagogique, telles que la Programmation Neuro-Linguistique (PNL), la gestion mentale, la kinésiologie (le Brain gym, en particulier), la suggestopédie, l’audio-psycho-phonologie (méthode Tomatis), la pédagogie Steiner, voire même l’hippothérapie…. Le tout supporté par une approche de la psychologie des profondeurs.


4. Mise en place d’un cercle vertueux

J’essaie, de chacune de ces méthodes, de tirer des éléments pertinents qui permettront aux enfants de se voir progresser rapidement afin de briser le cercle vicieux « échec – découragement - échec » dans lequel tant d’enfants s’enlisent.
Petit-à-petit, à travers des exercices peu scolaires –au sens classique du terme- ils vont découvrir comment tirer un meilleur parti de leurs potentialités et se percevront plus « intelligents » qu’ils ne le pensaient. Ils observeront aussi que ce n’est pas toujours en s’accrochant de manière systématique et intensive aux manières traditionnelles d’étudier qu’ils obtiennent les meilleurs résultats. Souvent, au contraire, en opérant de manière beaucoup plus décontractée et ludique, les résultats sont nettement plus probants. Plus d’un enfant se retrouve charmé de cette découverte, ce qui ne manque pas de l’encourager dans ce qui devient une voie de –relative- facilité.


5. Fils conducteurs

Ils peuvent être multiples selon l’angle de vue et la logique adoptés.

J’en choisi deux qui me parlent en tant que structures et supports de réflexion stratégiques et que, dans ma vision comme dans ma pratique, j’entrecroise en permanence.

5.1. Vers une utilisation optimale de nos cinq cerveaux !

Cinq cerveaux ! En voilà des ressources ! Pourriez-vous vous dire. Et en effet…

S’il s’agit-là d’une manière de parler des différentes composantes de notre cerveau, cette manière est basée sur une réalité à la fois phylogénétique et physiologique, même si on est loin de tout connaître à ce propos : au fil de l’évolution du règne animal, de nouvelles zones sont apparues dans le cerveau, lui apportant de nouvelles ressources. Il s’agit en réalité de trois cerveaux dont deux sont composées de deux parties chacun.

Le premier cerveau, chronologiquement, est, chez tous les descendants des reptiles, le cerveau reptilien.
Celui-ci, qui a permis aux espèces de rester en vie à travers toutes les difficultés et menaces rencontrées, est d’une grande importance pour la survie des individus et des espèces puisque c’est lui qui nous pousse à fuir ou à nous battre en cas de danger. Il joue donc un rôle fondamental dans notre vie, mais pas pour nos apprentissages !
En effet, il est régi par une mémoire génétique qui remonte à la nuit des temps et ses connaissances sont donc innées et en aucun cas acquises. Il est incapable d’apprentissage.
Lorsque l’individu croit –à tort ou à raison- être en danger, il a peur. Dans ce cas, le cerveau reptilien prend les rênes et met en place une stratégie de fuite ou de combat.
Il va sans dire que si un enfant a peur parce que l’instituteur crie, par exemple, le cerveau réagit comme s’il était en réel danger. En effet, le cerveau reptilien n’est pas capable d’analyser le contexte afin d’opérer une distinction entre un danger réel et un danger imaginaire. Obéissant alors aux vieilles lois de la survie, il prend les rênes de l’ensemble du cerveau afin d’organiser la fuite ou le combat de l’individu.
Lorsque l’individu est un enfant assis dans la classe, sa manière de fuir peut être de rêver à autre chose qu’aux activités d’apprentissage en cours, par exemple. Sa manière de combattre peut se traduire en une opposition systématique au professeur, par exemple. Mais en tout cas pas en une attitude propice aux apprentissages puisque c’est le cerveau reptilien qui a pris le dessus, qu’il est incapable d’apprendre et qu’il met en panne les autres cerveaux.
On peut déjà conclure l’importance d’aider un enfant à se sentir en confiance par rapport à tout ce qui concerne ses apprentissages.

Le deuxième cerveau est le cerveau limbique qui s’ajoute au cerveau reptilien chez toutes les espèces qui ont évolué à partir des reptiles. Il est particulièrement développé chez les mammifères.
Ce cerveau est responsable des émotions et des affects. Il est capable de mémoire et d’apprentissage.
Il se compose de deux hémisphères qui oeuvrent en complémentarité : le gauche, plus analytique (on l’appelle parfois le « stratège ») et le droit plus globalisant. Ce dernier est particulièrement sensible aux structures rythmiques et mélodiques, par exemple et va permettre, notamment, de mémoriser de la musique, des chants, des poèmes, etc… Mais aussi des images à structures rythmiques.
On entrevoit déjà comment l’attention portée à ce cerveau limbique et à la complémentarité de ses deux hémisphères peut favoriser un certain nombre et un certain type d’apprentissages.

Le troisième cerveau est le cortex cérébral, apanage des mammifères supérieurs –chez lesquels on trouve une écorce cérébrale peu développée (et différemment selon les espèces) et de l’être humain en particulier, chez qui il est plus développé et forme deux hémisphères complets.
Le cortex cérébral est spécialisé dans la pensée abstraite.
Dans ce cerveau-ci aussi, chacun des hémisphères fonctionne de manière différente : le droit s’occupe de la pensée globale, tandis que le gauche exerce une approche analytique.
Ici aussi, on entrevoit déjà comment l’attention portée au cortex cérébral et à la complémentarité de ses deux hémisphères va favoriser un certain nombre et un certain type d’apprentissages.

Ceci posé, on devine qu’une partie des activités menées avec les enfants (ou les adultes, d’ailleurs) visera à induire un climat de confiance par rapport aux apprentissages. Ainsi le cerveau reptilien perdra l’habitude de prendre les rênes en situation d’apprentissage. Dans ce but, on tentera de créer un climat de confiance affective créé, d’abord, par le respect de l’enfant et, ensuite, par le détachement par rapport aux sanctions scolaires telles que les évaluations sommatives et certificatives fournies par l’école (= points ou ersatz de points). De plus, on mettra en place des situations de dédramatisation par rapport aux apprentissages et aux blocages divers qui y sont liés et on jouera pour apprendre et en apprenant.

On devine également que la majorité des activités visera à favoriser une meilleure collaboration, d’une part entre le cerveau limbique et le cortex et, d’autre part, entre les hémisphères gauches et droits de chacun de ces cerveaux.


5.2. Vers une plus grande complémentarité entre conscient et inconscient

Je ne m’écarte pas des apprentissages, loin de là !
Et je n’entre pas non plus –dans ce contexte- dans une approche de type psychanalytique.
Mais il est important de garder en tête que le conscient n’œuvre jamais seul. Il est toujours supporté par l’inconscient qui, lui, ne dort jamais. Nier son action risque de nous faire passer à côté, non seulement, de blocages aux apprentissages, mais encore, mais surtout, à côté d’immenses ressources que porte en lui chaque être humain.
Il me paraît donc fondamental d’ouvrir la porte à ces ressources. D’abord parce qu’elles travailleront « positivement » en offrant à la personne de nouveaux chemins d’apprentissage. Ensuite, parce que, au passage, leur force pourra balayer quelques blocages aux apprentissages.

Dans la pratique, cette ouverture à l’inconscient se fera grâce à l’utilisation d’une dimension artistique et ludique. La méthode implique en effet, récits et création d’histoires métaphoriques (voir notamment mon livre « Des histoires pour apprendre ou une autre manière de communiquer », éd. Savoir pour Etre, 1992), dessins, petits poèmes et/ou autres formes d’expression, qui ne constituent pas une fin en soi mais participent d’un processus global.
L’aspect ludique, non seulement participe de l’apaisement du cerveau reptilien et de la stimulation du cerveau limbique, mais encore permet de faire (re)surgir de l’inconscient le message « les apprentissages sont sources de plaisir ». Et comme l’être humain recherche le plaisir, cela va contribuer à la mise en place du cercle vertueux évoqué plus haut.

Cette approche artistique et ludique va contribuer au développement du sens des apprentissages pour l’enfant. Non seulement grâce à leur sens extrinsèque (à quoi va servir pratiquement ce que j’apprends), mais encore, mais surtout, grâce à leur sens intrinsèque (que cela serve ou non à quelque chose de pratique, ce que j’apprends et ma manière de l’apprendre sont beaux, amusants, et sources de plaisir). Encore pour le cercle vertueux !


6. Conclusion

Comme suggéré dans le titre : oui, il est possible, facilement, de mieux jongler avec nos potentiels. Il est possible d’apprendre mieux, d’apprendre plus vite, d’y prendre plus de plaisir et de moins se fatiguer.

Un étudiant qui a l’habitude de lire plusieurs fois ses notes de cours, de recopier des passages à mémoriser, d’élaborer des résumés parcourus de soulignages multicolores, pourra arriver, la plupart du temps, après une seule lecture, à être à même de réussir un examen (de difficulté moyenne), par l’élaboration d’une carte mentale et l’application de quelques techniques de mobilisation de la mémoire.

Un enfant en difficulté scolaire, plutôt que de devoir passer plus d’heures assis sur sa chaise sans bouger pourra au contraire bouger et, au total, passer beaucoup moins de temps sur sa chaise pour un meilleur résultat. Non par magie, mais bien suite à un « saut par-dessus » les blocages et une meilleure utilisation de plusieurs facettes de ses potentialités.

Il est possible de bénéficier de la méthode, soit pour la remédiation aux difficultés d’apprentissage, soit pour une initiation à sa pratique, destinée particulièrement aux enseignants et formateurs.

Auteur : Marianne Gassel (textes protégés par la SCAM, société de gens de lettres, n° d'enregistrement 00 929 )

04 août 2005

Développer pleinement son potentiel humain ?


Penser avec son cœur au moins autant qu’avec sa tête ?
Nourrir son âme au moins autant que son corps ?
Habiter son corps de manière à ce qu’il ne fasse plus qu’un avec son âme et avec son esprit ?

Intégrer en Soi le Ciel et la Terre ?
Avoir les pieds sur Terre mais une Terre fécondée d’Etoiles ?
Incarner la fécondation de la matière par le subtil ?

En aidant chacun à réaliser cet idéal, Athanor veut participer au plein avènement de l’Humain en l’Homme.

Comment ?

Grâce à la psychologie des profondeurs, à la Programmation Neuro-Linguistique, fécondées de diverses approches aussi bien modernes que traditionnelles, Athanor propose à chacun, aussi bien d’oeuvrer à son évolution personnelle, que d’apprendre plus aisément, en sachant comment mieux utiliser son cerveau dans les processus d’apprentissage.

Cela se traduit par :

Consultations individuelles et stages
  • Psychothérapies et évolution personnelle
  • Aide aux apprentissages.

Pour tout renseignement :

Courriel : mariannegassel@hotmail.com Téléphone : +32 (0)2 660 96 95